Comprendre la biostimulation



La biostimulation

Dans son sens étymologique, un biostimulant est un produit qui « stimule le vivant ».

Les biostimulants représentent une nouvelle catégorie de produits qui se développe depuis plusieurs dizaines d’années. Fort de ses programmes de recherche sur le végétal dans les années 1990, Frayssinet est un des premiers acteurs à avoir commercialisé un biostimulant.

Aujourd’hui, entre la diversité des revendications mises en avant (stimulateurs de croissance, activateurs des sols, biofertilisants ou phytostimulants…) et des origines (extraits de plantes, les biomolécules, silice, acides humiques…), le panel de solutions est varié.


Le mécanisme d’adaptation des plantes aux stress

Comprendre la biostimulation des plantes, c’est avant tout comprendre comment fonctionne une plante et comment elle perçoit son environnement et interagit avec lui.

L’objectif des biostimulants est d’accompagner les processus physiologiques des plantes en jouant sur les voies métaboliques connues durant leur cycle de culture en les préservant de l’impact des stress abiotiques (revoir webinaire agro-organique n°3 – Les biostimulants des plantes – effet de mode ou révolution agronomique)

 

Les 3 étapes clé de la réaction de la plante « face à un danger » sont :

> La perception : reconnaissance par des récepteurs membranaires spécifiques du « non soi » (DAMP/MAMP1) ce qui permet l’identification du stress, de la condition « anormale », du danger.
> La transduction du signal : c’est à dire la diffusion de l’information dans la plante. Elle se fait de proche en proche (cellule à cellule) via un flux de calcium.
> La réponse cellulaire au travers de l’expression de gènes de résistance, de signaux et de régulation du statut hormonal permettant une résistance locale induite. Il y a activation des processus métaboliques de résistance de base et/ou d’une réponse adaptative via un système intégratif (espèces réactives à l’oxygène (ROS) / phytohormones).

L’activation de la réponse cellulaire est contrebalancée par des systèmes enzymatiques de détoxification ou de composés antioxydants. En effet, en cas de stress ou danger trop important, les systèmes de défense peuvent aller jusqu’à la destruction cellulaire.

1 Dammage Associated Molecular Patterns/Microbe-associated Molecula Patterns

Les biostimulants permettent de maximiser les potentiels génétiques et de maintenir une activité en période de stress, ils sécurisent le rendement. Si les conditions climatiques sont favorables, les biostimulants auront un effet mineur. Les périodes de stress étant imprévisibles, les biostimulants doivent être perçus comme des assurances face aux à-coups climatiques.

 

Biostimulation des sols

Dans la définition des biostimulants du dernier règlement EU, la notion de « disponibilité des éléments nutritifs confinés dans le sol ou la rhizosphère » apparaît. Certains produits peuvent être classés comme biostimulants par une action indirecte sur une des composantes du sol pour libérer ou aider à aller chercher les éléments nutritifs. Ainsi, en permettant une optimisation de la ressource présente, ce type de biostimulant améliore aussi le fonctionnement de la plante. Les biostimulants du sol fonctionnent uniquement si le sol contient de la matière organique et des éléments nutritifs.

Deux principaux modes d’actions sont attendus : activation des flores telluriques ou rhizosphériques et libération et mise à disposition d’éléments nutritifs.

 

 

La mise sur le marché

Définition

La Commission Européenne définit les biostimulants comme un produit qui stimule le processus de nutrition des végétaux indépendamment des éléments nutritifs qu’il contient, dans le seul but d’améliorer une ou plusieurs caractéristiques suivantes des végétaux ou de leur rhizosphère :

> l’efficacité d’utilisation des éléments nutritionnels (N, P, K, Mg, Ca…) ;
> la disponibilité des éléments nutritifs confinés dans le sol ou la rhizosphère ;
> la résistance aux stress abiotiques (basses températures, stress hydriques, salinité…) ;
> la qualité des cultures et des récoltes.

 

Les biostimulants peuvent être des substances naturelles (biomolécules, des extraits végétaux et d’algues, des micro organismes), des substances minérales voire des molécules de synthèse, non nutritives agissant sur l’amélioration du métabolisme physiologique des cultures, par application sur les plantes ou au sol.

Plus que par leurs constituants ou leur nature, ce sont leurs mécanismes d’action et leurs revendications qui vont les définir.


Contexte réglementaire des biostimulants

En France, les biostimulants font partie de la famille des MFSC (Matières Fertilisantes et Supports de Culture). Or, les biostimulants n’ont pas de norme d’application comme les amendements, les engrais ou les supports de culture. Afin d’être mis sur le marché, tous les produits biostimulants doivent être homologués et avoir une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Le site E-phy géré par l’ANSES, permet de vérifier si le biostimulant possède bien une AMM, ses allégations et ses usages.

L’obtention d’une AMM peut passer par trois voies en France :

> un processus national d’homologation sous l’expertise de l’ANSES qui vérifie l’efficacité de la solution (essais significatifs sur chaque usage autorisé), le mode d’action et une évaluation toxicologique.
> un processus national de reconnaissance mutuelle en conformité avec les règles européennes. Le soumettant doit démontrer aux autorités nationales que le produit est commercialisé en tant que biostimulant dans un autre état de l’EU. L’évaluation est uniquement documentaire sans vérifier l’efficacité ni la toxicité.
> un processus européen d’évaluation et d’enregistrement dans le cadre du règlement 2019/1009 avec un dossier efficacité et une preuve d’absence de contaminants (ETM, contaminants, pathogènes).

Après obtention de l’homologation, et à condition que l’AMM stipule expressément « autorisé en tant qu’additif agronomique », les biostimulants peuvent être mis sur le marché en mélange avec des supports de culture ou des matières fertilisantes au regard des normes françaises autorisées (NF U 44 -551/A4 et NF U44-204).


Biostimulants et Fertilisation Organique : la synergie gagnante

Bien choisir un biostimulant

 

 

WAO

Wébinaire Agro Organique

En savoir plus