Marie-Emmanuelle Saint-Macary

Interview Marie-Emmanuelle SAINT-MACARY, depuis 2018 chez Frayssinet.

 

Dernière arrivée au sein du pôle R&D de Frayssinet, quel est votre parcours ?

Issue du monde agricole que je côtoie depuis toujours et passionnée par le vivant, je me suis naturellement orientée vers les sciences agronomiques pour mes études supérieures. Mon projet professionnel s’est forgé autour d’une volonté marquée de servir l’agriculture nourricière que mes grands-parents pratiquaient. Chercheur dans l’âme et de formation, l’interconnexion des connaissances agronomiques et de l’innovation scientifique pour une production agricole à moindre coût environnemental m’est apparue comme une évidence. C’est dans cette perspective que j’ai conforté un master en protection et valorisation du végétal par une thèse en agronomie sur le développement de produits alternatifs. Diplômée d’un Doctorat en physiologie végétale, les plantes restent encore pour moi et la communauté scientifique un mystère du vivant de par leur complexité et leur adaptabilité exceptionnelle malgré leur immobilisme ! Ces organismes ont développé une panoplie d’ingénieux stratagèmes pour faire face aux contraintes environnementales et traverser les temps par des systèmes adaptatifs des plus évolués. Les plantes sont pour moi une source perpétuelle d’inspiration, capables des réactions les plus vives (au niveau moléculaire) tout en priorisant toujours ses processus vitaux pour assurer un développement adaptatif des générations à venir. Spécialiste des produits de stimulation des plantes, j’ai désormais à cœur de mettre ma passion de chercheur en physiologie végétale et mes 15 années d’expérience d’expérimentateur-agronome de terrain au service du développement de produits innovants pour définir de nouveaux systèmes de production performants, durables, respectueux de l’homme et de son environnement.

 

Vous avez été engagée pour porter quelles missions précisément au sein du groupe ?

Recrutée comme chargée de recherche et d’expérimentation, mes missions principales sont de poursuivre l’effort d’innovation réalisé au sein du pôle R&D de Frayssinet et plus particulièrement sur l’aspect de stimulation des sols et des plantes. En effet, l’agriculture connait actuellement une profonde mutation avec d’une part, une forte pression sociétale pour une alimentation saine et une réelle prise de conscience environnementale, et d’autre part, des problématiques de réduction de production liées à des stress abiotiques (aléas pédo-climatiques) et biotiques (maladies et ravageurs) croissants.  Ainsi, les produits « biostimulants » apparaissent comme des solutions complémentaires et durables, permettant de réduire les intrants agricoles conventionnels et sont donc porteurs d’enjeux majeurs pour l’agriculture de demain.  C’est dans ce contexte, qu’enrichie de mon expérience de chercheur-expérimentateur sur les produits alternatifs et les biostimulants, il m’incombe de renforcer et compléter l’offre de produits de la société à court et moyen terme en synergie avec la fertilisation organique, cœur de métier de Frayssinet. Concrètement, il s’agit de poursuivre l’œuvre engagée au sein du PNS (Programme Nutrition et Stimulation) Frayssinet développé par Gilbert Garapin en proposant des solutions naturelles spécifiques, adaptées à toutes situations agro-pédo-climatologiques et écologiquement efficaces.

 

Que pensez-vous du développement actuel des biostimulants sur le marché ?

Le concept de la stimulation des plantes n’est pas nouveau ! C’est le terme « biostimulant » qui l’est.  Pour exemple, l’Osiryl (Frayssinet), produit de stimulation de la croissance racinaire, a vu le jour dans les années 90. La recherche de solutions alternatives innovantes et le développement de produits plus respectueux de l’environnement est toujours une démarche positive d’autant que cela favorise la créativité scientifique et technologique.  Ces dernières années, de nombreuses spécialités biostimulantes à base de souches de micro-organismes vivantes ou de substances naturelles contenant principalement des phytohormones ont vu le jour. Néanmoins, ces produits de stimulation sont majoritairement utilisés pour se substituer aux intrants de synthèse mais ne s’intègrent pas dans une approche globale d’optimisation ou de redéfinition des systèmes de culture en prenant en compte la rhizosphère et/ou la durabilité du sol cultivé. De plus, pris individuellement, ces biostimulants ont un impact positif mais leur association à d’autres produits de stimulation est encore méconnue, et risque de conduire à des antagonismes physiologiques sur la plante cultivée. Le défi de demain sera donc d’associer ces produits de stimulation entre eux, en tenant compte du programme de nutrition et de protection des plantes…

 

Que diriez-vous sur les biostimulants Frayssinet ? Quelle est la différence avec les autres offres rencontrées sur les marchés ?

Ce qui est marquant chez Frayssinet, c’est la volonté de recherche et de compréhension des mécanismes d’action des produits développés. Cette démarche est historique et s’applique à tous les produits et bien évidemment aux biostimulants. De plus, la preuve du concept au terrain est au cœur des préoccupations de la société avec une perpétuelle optimisation ou adaptation des produits pour résoudre des problématiques et répondre concrètement aux besoins des utilisateurs. Le marché étant très porteur, de nombreux produits biostimulants arrivent rapidement sur le marché et parfois nuisent à l’image de ces solutions innovantes par manque de connaissances ou de rigueur dans leur processus de développement. De son côté, la société Frayssinet est reconnue pour la qualité et la technicité de ses solutions proposées. Pour exemple, l’Osiryl est aujourd’hui le produit de référence au niveau national pour la stimulation racinaire et son efficacité n’est plus à démontrer. Il est donc important de poursuivre les efforts de recherche de produits de stimulation des sols et des plantes avec la rigueur et le professionnalisme qui caractérise la société afin de crédibiliser les biostimulants auprès d’un large public d’utilisateurs.

 

Avez-vous des projets de développement sur les prochaines années ?

Les idées ne manquent pas ! Néanmoins, les systèmes de production actuels ne sont pas toujours réceptifs aux produits de stimulation de par la complexité des intrications physiologiques et des paramètres agronomiques qui les régulent.  Convaincue que la stimulation des plantes est totalement liée à l’état physiologique de celles-ci, le développement de solutions nécessite de prendre en compte l’aspect nutritionnel et sanitaire de ces dernières mais également la qualité des sols cultivés. C’est donc l’interaction de la plante dans son environnement agronomique global qui doit être abordée afin de proposer des biostimulants adaptés aux situations rencontrées. Outre la recherche permanente de solutions efficaces, le développement de produits se doit également d’être éthique avec le respect de notre environnement et du travail des hommes. C’est pourquoi, l’intégration de ces solutions dans une démarche d’itinéraire de culture agroécologique est indispensable. L’agriculture est en pleine mutation. Les biostimulants ne sont qu’une alternative et, outre la prise en compte de l’écosystème plante-environnement, la transformation technologique du monde agricole actuelle et à venir est également une composante à associer à nos projets pour la pleine réussite de l’agriculture du futur.

Interview Luc FRAYSSINET, Président Directeur Général