Maurice Viel

Maurice Viel Directeur Éthique FrayssinetInterview Maurice VIEL, depuis 1990 chez FRAYSSINET.

Maurice Viel, quelle est votre mission chez FRAYSSINET ?

Depuis mon arrivée dans l’entreprise, j’ai gardé pour mission la reconnaissance scientifique et technique de notre activité professionnelle au service de l’agriculture et de la société. Depuis plus d’un siècle, l’entreprise est fidèle à l’idée que l’alimentation organique du sol constitue la clef de voûte d’une agriculture performante et durable et donc «sociétale». C’est dans cette logique de préservation des équilibres fonctionnels des sols que j’ai tenu à poursuivre nos actions de collaborations avec les instituts de recherche et l’ensemble de la profession. Cette idée est depuis une quinzaine d’années partagée par de nombreux scientifiques, techniciens, agriculteurs et consommateurs. Les concepts de développement durable, d’agriculture raisonnée, d’agro-écologie, d’initiative 4 pour 1000 confirment notre logique d’avenir. Ceci nous encourage à investir toujours plus au niveau recherche,  expérimentation et  innovation dans le domaine de la nutrition et de la stimulation naturelles des sols et des plantes confortant ainsi notre place de leader du marché.

En tant que garant de l’éthique chez FRAYSSINET vous tenez particulièrement à la transparence ?

Bien que parfois opposées, l’éthique et la réglementation doivent cheminer de pair dans nos sociétés modernes qui  souhaitent un avenir durable. C’est pourquoi Frayssinet a créé ce poste unique de responsabilité inexistant jusqu’à présent dans notre métier. Une charte éthique a été rédigée afin d’expliciter par écrit les idéaux, valeurs, principes et prescriptions de l’entreprise. Ce référentiel a été accepté par tous et s’applique à tous les niveaux de la société, dans toutes les activités et pour tous les projets. Notre Charte éthique engage Frayssinet vis-à-vis de ses parties prenantes dans le respect des 3 axes fondamentaux du développement durable : Sociétal, Environnemental et Économique.
Frayssinet a concrétisé son engagement sur les principes et enjeux de la Responsabilité Sociétale et Environnementale (RSE) en se soumettant, en toute transparence, à un audit selon le modèle d’évaluation ISO 26000 réalisé par  AFNOR Certification. Le niveau Exemplaire obtenu a permis de confirmer l’objectivité de notre démarche «Qualité Pro» engagée depuis 1994 : satisfaction client, organisation interne, maîtrise des processus de fabrication et collaboration avec les organismes officiels.

Pensez-vous comme nos dirigeants politiques que l’agro-écologie est l’avenir des productions raisonnées durables ?

Le nouveau paradigme de l’agro-écologie me paraît correspondre parfaitement à un nouvel équilibre de développement des productions végétales agricoles ou même espaces verts. En effet, c’est un système de production dont le principe est d’amplifier les fonctionnalités offertes par les écosystèmes tout en diminuant  les pressions sur l’environnement (ex : réduire les émissions de gaz à effet de serre, limiter l’application de produits phytosanitaires…) et à préserver les ressources naturelles (eau, énergie, éléments minéraux…). Il s’agit d’utiliser au maximum la nature comme facteur de production en maintenant ses capacités de renouvellement. C’est exactement ce dont manque actuellement la grande majorité des sols cultivés avec des bilans agronomiques totalement déficients en vie microbienne, biodiversité, matière organique, structure… Nous constatons que l’élément carbone organique des sols est le grand oublié des programmes de recherche agronomique et nous collaborons depuis la COP21 au soutien de l’initiative 4/1000 avec Rittmo (signataire officiel). Les agronomes du sol (Henin, Duchauffour, Soltner…) ont depuis plus d’un siècle considéré le carbone organique comme le fondement de la fertilité des sols mais les oppositions partisanes des fertilisations chimiques/organiques n’ont pas permis de trouver un consensus. C’est pourtant la synergie de ces deux origines qui permettra d’atteindre les enjeux de l’agro-écologie dont il est souhaité une généralisation.

Quelles sont les voies d’évolution de FRAYSSINET et de votre métier en général ?

Si nous sommes en pleine adéquation avec les nouvelles considérations agronomiques, environnementales et sociétales, beaucoup de choses doivent être faites au niveau du client utilisateur qui reste sur des schémas encore trop conventionnels de production. Notre accompagnement sur le terrain est devenu primordial pour ouvrir de nouvelles perspectives de développement à nos programmes de nutrition et stimulation sol/plante qui sont basés sur une association de nos spécialités et leur mode d’actions ciblées : action sol – action rhizosphère – action plante. Le succès de notre charte Authentis témoigne de l’efficacité de nos fertilisants et biostimulants qui devraient encore profiter de notre expertise. Nous nous donnons toujours plus de moyens d’analyses et de contrôles en entrée et sortie des processus de fabrication. De plus en plus de recherches sont réalisées notamment sur les innovations technologiques que sont les stimulateurs et les anti-oxydants naturels.  Notre métier est cependant convoité par des entreprises opportunistes (recyclages déchets urbains, chimiquiers…) que nous espérons maintenir à distance en participant activement aux nouvelles réglementations nationales et européennes. En le protégeant des déviances mercantiles, notre métier est un générateur de solutions modernes qui ouvre des perspectives réalistes à l’ensemble des productions végétales, bases essentielles du développement humain. Agir de façon éthique est fondamental pour confirmer le succès de Frayssinet dans la durée. Chacun d’entre nous doit agir professionnellement avec la conscience intègre de notre responsabilité sociétale et environnementale.

Propos recueillis par Jacques Bigorre.

Interview Quentin PROTSENKO, Ingénieur Règlementation & Normalisation