Quentin Protsenko

Interview Quentin PROTSENKO, depuis 2016 chez FRAYSSINET.

Nouvellement arrivé chez FRAYSSINET, pouvez-vous vous présenter ?

Scientifique dans l’âme et animé d’une curiosité aiguë pour les plantes, c’est tout naturellement que j’ai obtenu en 2012 mon Master en technologies du végétal spécialisé dans la valorisation des produits de l’horticulture. J’ai ensuite eu l’opportunité de travailler durant 3 ans pour le syndicat professionnel UPJ (Union des entreprises pour la Protection des Jardins et des espaces publics) en tant que responsable des affaires techniques et réglementaires me permettant ainsi de défendre à mon échelle un secteur horticole. J’ai pu, à travers ce poste, développer mes compétences dans les domaines de la conception des réglementations et du relationnel avec les décideurs. Domaines qui me passionnent ! La réglementation, mille-feuille de textes pouvant paraître complexe et « inutile » au premier abord, a pourtant une vocation unique respectable : la protection, autant des entreprises que des citoyens ou de l’environnement. Le lobbying, quant à lui, permet d’apporter aux décideurs souvent déconnectés du terrain, les arguments techniques et factuels qui leur permettront de prendre au mieux en compte les besoins réels de la profession. À maintenant 30 ans et fort de cette expérience, j’ai à cœur de mettre à profit ces compétences pour une société qui partage mes valeurs, tournée vers l’avenir et toujours en recherche de produits innovants. Le Groupe Frayssinet m’est apparu comme une évidence.

Comment envisagez-vous votre mission ?

Avec enthousiasme, je souhaite remplir au mieux mes missions afin que Frayssinet reste reconnu autant auprès de nos clients que des instances ministérielles comme un modèle d’exemplarité. De plus, je compte donner de l’envergure à cette réputation qui doit nous suivre également à l’export que nous souhaitons développer. Chaque pays ayant sa propre réglementation sur les fertilisants, c’est à point nommé que je prends mes fonctions ! D’autant plus que se joue aujourd’hui l’avenir réglementaire des engrais organiques et biostimulants naturels et par là même, la « fluidité » de leur  commerce au niveau européen. La Commission et le Parlement sont en pleine discussion sur la future réglementation qui encadrera l’ensemble des fertilisants, des discussions dans lesquelles je peux m’impliquer avec conviction par le biais de nos syndicats nationaux (UNIFA et UPJ) ainsi que  le groupement de producteurs européens ECOFI (European Consortium of the Organic-based Fertilizer Industry).

Pensez-vous que la réglementation est une garantie suffisante pour assurer la qualité des fertilisants et des biostimulants ?

La réglementation impose un marquage spécifique sur l’étiquette et chaque type de produit est encadré par une norme définissant les matières premières utilisables, les teneurs minimales en éléments nutritifs ainsi que les tolérances acceptées. La mise sur le marché à travers les normes assure ainsi un cadre minimal de qualité et de sécurité des produits lorsque ces exigences normatives sont respectées. Cependant le plan de contrôle de la DGCCRF pour l’année 2016 affiche 42 % de fertilisants non conformes. Ceci s’explique notamment par le fait que les paramètres agronomiques des matières premières peuvent varier et que le nombre d’analyses obligatoires prévues par les normes ne suffit pas à assurer une constance de production. Chez Frayssinet, le Centre de recherche et son laboratoire d’analyse sur site nous permettent d’avoir un contrôle analytique permanent des lots de matières premières reçues et des produits finis. Nous nous assurons ainsi de la conformité de l’ensemble des fertilisants organiques et biostimulants naturels que nous mettons sur le marché.
Parce qu’il nous paraît primordial d’être moteur et de faire grandir l’ensemble de la profession, nous avons lancé en 2005 une démarche qualité en commun avec 5 autres entreprises adhérentes de l’UNIFA : La « Charte-Confiance fertilisants organiques et organo-minéraux UNIFA ». Les adhérents à cette charte sont contrôlés annuellement par un organisme indépendant (Qualité France-Bureau Véritas) afin de garantir l’innocuité, la valeur agronomique, une traçabilité complète ainsi qu’une fabrication française des produits.

Pouvez-vous nous parler de l’avenir réglementaire des fertilisants organiques et les engagements de FRAYSSINET ?

Il y a, tant au niveau national qu’européen, une réelle prise de conscience environnementale et la volonté de favoriser l’utilisation de produits naturels plutôt que des produits chimiques de synthèse : inscription du concept d’agro-écologie dans la loi d’avenir pour l’agriculture, création de l’initiative 4 pour 1000 lors de la COP 21, interdiction des produits phytosanitaires de synthèse à destination des jardiniers amateurs et des collectivités avec la loi Labbé, promotion de l’économie circulaire par l’Union Européenne ; un changement concret et profond de notre société se profile. En pleine adéquation avec ces préoccupations sociétales et environnementales, les spécialités organiques de fertilisation et de stimulation des sols et des plantes vont faire l’objet , comme déjà évoqué, d’un projet de règlement Européen harmonisé. Ce règlement devant être publié avant la fin 2017  remplacera le règlement (CE) n°2003/2003 qui encadrait uniquement les engrais minéraux et facilitera ainsi la libre circulation de l’ensemble des fertilisants au sein du marché intérieur. Il s’agit autant d’une opportunité commerciale que d’un risque de voir arriver sur le marché national des produits de moindre qualité ou pouvant présenter un risque comme les boues d’épuration ou les composts de déchets ménagers. Frayssinet a, depuis longtemps, pris part aux discussions afin que ce texte réponde au mieux aux exigences et à la réalité du terrain. C’est pour cela que je vais m’impliquer au sein des syndicats professionnels français (UNIFA, UPJ) et européens (ECOFI) afin de défendre une fertilisation organique de qualité basée sur l’agronomie. Certain que cette fertilisation « moderne » doit évidemment apporter un équilibre d’éléments nutritifs pour les cultures, elle doit également prendre en compte et améliorer durablement la vie et les propriétés du sol si nous voulons assurer une agriculture pérenne et sécurisante dans les meilleurs délais.

Propos recueillis par Jacques Bigorre.

Interview de Emmanuel ROUY, Directeur Qualité & Environnement